lundi, 28 décembre 2009

Editorial

 

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Le premier homme marchait depuis toujours. Décidément cette terre n'était qu'un tas de cailloux. Il avançait sans savoir quoi faire, ni où aller. Il continua sa marche et découvrit le premier arbre. Au pied de l'arbre passait un ruisseau, entouré de roseau. Assis au pied de l'arbre le premier homme regarda le ciel. Toute cette immensité peuplé de nuages qui n'en finissaient pas de se faire et de se défaire. Tant de formes blanches qui semblaient se rendre quelque part, lui qui ne savait où aller. Il n'était pas écrivain. Pourtant il voyait bien la première phrase: "Au commencement était le vent".

Il venait d'avoir la meilleure idée qu'on ait jamais eue, d'autant que personne n'en avait eu d'autres. Il se leva pour cueillir quelques roseaux, dont il fit une légère armature. Ensuite il enleva sa chemise. Avec une patience infinie, il cousu avec un long fil de roseaux noués bout à bout, le tissu sur la fragile armature. Au regard de son œuvre il éprouva la plus grande fierté. Il se leva, se mit à courir et l'humble construction prit son envol. Elle monta dans l'espace virginal des débuts du monde. Il s'assit. Le fil dans la main, il regarda longtemps son invention monter et descendre, au grès du vent. C'était bien le plus beau cerf-volant qu'il n'est jamais vu , d'autant qu'il n'en avait jamais vu d'autre. C'est à cet instant que le fil de roseau cassa. Et la vent entraîna au loin le cerf-voalnt qui disparu dans le ciel. "Autant en emporte le vent" se dit-il. Cela lui rappela quelque chose mais quoi? L'avenir du cerf-volantne tient qu'à un fil… Et tout recommença…

"Jouer" au cerf-volant aucun jeu n'arrive à la hauteur de celui là qui engage tous les gestes du corps pour les beaux yeux d'une chimère. Et celui là me comble. Cette activité concrète a le don de l'abstraction. Les éléments - bois, papier, ficelle, colle, tissus- sont bien présents et pourtant promis à l'air et au vent. Ils ne sont guère que du souffle entre les doigts. Il y a une part d'étrange dans le cerf-volant que l'on touche.

"Mais vous je ne peux imaginez sur quelle matière vous travailler à moins que ce ne soit du vent"

Henry Miller évoque l'écriture lorsqu'il note cette question d'un ami. Le décollage s'impose. La poésie se prenant au saut du visible. La matière du vent est un esprit qui divague. Le goût de l'inutile parfois c'est sa chance. On se dit qu'un cerf-volant ne va pas changer le monde, et on s'aperçoit que le mouvement même des étoiles enregistre la monté d'un si frêle esquif. Qui va renaître de se vol plané? Alors:

Courir le nez en l'air.

Dessiner le ciel à la force du poignet.

Tranchez dans le vide.

Etre dépossédé de son aile, et rire pour preuve de légèreté.

MF

 

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